Le général Desportes: «Ma crainte est que ce conflit n'affaiblisse encore une fois l'Occident»

Longtemps directeur de l'Ecole de guerre, le général Vincent Desportes était entré en conflit ouvert avec Hervé Morin pour avoir critiqué la stratégie suivie en Afghanistan. Dans un entretien à Mediapart, il se dit tout aussi dubitatif à propos de la guerre de Libye, engagée dans des conditions mal maîtrisées et pour des objectifs flous. Propos recueillis par Joseph Confavreux.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Le général Vincent Desportes est l'une des fortes voix de l'armée française. Respectée mais jugée bien trop forte, ce qui lui a valu de sérieux ennuis en juillet 2010. Pour avoir, dans un entretien au Monde (à lire ici ou encore ici), mis en doute la stratégie américaine d'intervention en Afghanistan, sa hiérarchie puis le ministre Hervé Morin l'avaient cloué au pilori. Le propos n'était guère bouleversant: «Factuellement, la situation n'a jamais été pire»; «C'est une guerre américaine»; «Il n'y a pas de voix stratégique des alliés». Mais il fit un vacarme épouvantable dans une institution militaire d'ordinaire muette et en l'absence de tout débat public sur les raisons et les modalités de l'engagement de la France.