Le 13 septembre 2022 à Téhéran, Mahsa Amini, 22 ans, était arrêtée au motif qu’elle ne respectait pas le code vestimentaire en vigueur. Son décès a embrasé tout le pays, meurtri par une répression impitoyable. Trois ans et une offensive israélienne plus tard, le combat continue.
Le chercheur Clément Therme analyse la protestation en cours et sa répression de plus en plus sanglante. Le mouvement actuel pose plus que jamais des défis insolubles à un régime piégé par l’effondrement économique et l’hostilité des États-Unis.
L’appel à manifester du fils du défunt chah d’Iran a donné du dynamisme aux manifestations de jeudi soir à travers tout le pays, qui ont pris ensuite un tour très violent. Confronté à une menace intérieure et extérieure, le régime a coupé Internet et intensifié la répression.
La révolte actuelle des Iraniens, qui a pris ces derniers jours un tour de plus en plus violent, est née d’une crise économique profonde. Confronté à la faiblesse des prix du pétrole, aux sanctions et à une économie structurellement peu productive, le régime a dû prendre un tournant austéritaire inacceptable pour la population.
Parti du grand bazar de Téhéran, le soulèvement contre la vie chère et le marasme économique a rapidement gagné les universités, puis l’ensemble du pays, dont la plupart des grandes villes. Après l’annonce des premières victimes, Donald Trump a menacé d’intervenir.
Alors que plus de 2 000 femmes ont participé à un marathon interdit et que les cafés pour jeunes se multiplient à Téhéran, la Prix Nobel de la paix Narges Mohammadi a été violemment frappée et à nouveau arrêtée à Mechhed, où l’opposition a montré au grand jour ses divisions.
Relâchés de la prison d’Evin après une lourde condamnation, les deux Français restent assignés à résidence à Téhéran, tandis que la République islamique s’emploie à désigner la France comme un pays qui pratique la prise d’otages.
Comment tourner un film en Iran dans la clandestinité ? Raconter la violence de la répression ? « À l’air libre » reçoit le réalisateur iranien. Son film « Un simple accident », lauréat de la Palme d’or au dernier Festival de Cannes, sort en salles mercredi.
Après le feu vert du Conseil de sécurité, l’économie de la République islamique est de nouveau frappée de plein fouet par de sévères restrictions. Celles-ci vont encore renforcer le camp « ultra », à l’heure où se dessine un tournant nationaliste du régime.
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Pour obliger la République islamique à respecter ses engagements, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne ont décidé d’enclencher le « snapback », avec la volonté d’isoler encore davantage le régime iranien. À Téhéran, des partis et des personnalités osent demander la fin de l’enrichissement de l’uranium.
Mediapart publie la lettre que Reza Khandan, militant des droits humains et époux de l’avocate Nasrin Sotoudeh, a fait sortir de la prison où il est détenu. Un témoignage exceptionnel sur la condition carcérale dans un Iran alors sous les bombes israéliennes.
Pour le Guide suprême comme pour les chefs militaires, la République islamique a remporté une « victoire » contre Israël et les États-Unis. Mais comme après chaque crise, les opposants sont pourchassés, ainsi que les Afghans.
Seuls les royalistes soutiennent l’attaque israélienne et américaine contre la République islamique. Les personnalités de la dissidence font consensus pour la condamner tout en demandant une transition vers la démocratie.
La fondatrice de l’association We Are Iranian Students réagit aux bombardements de l’armée des États-Unis, qui ravivent le traumatisme de l’attaque de l’Irak de 2003. « L’ingérence extérieure n’a jamais apporté autre chose que du chaos », dit cette opposante au régime des mollahs.
Malgré un accord de « partenariat stratégique » noué en janvier et un combat commun affiché contre « l’hégémonie occidentale », Moscou estime avoir plus à perdre qu’à gagner en soutenant militairement la République islamique.
Alors que les États-Unis de Donald Trump pourraient bombarder l’Iran en soutien à Israël, trois femmes iraniennes, dont la réalisatrice Sepideh Farsi, sont sur le plateau d’« À l’air libre ».
Alors qu’Israël demande sa tête et Donald Trump une reddition sans conditions, l’ayatollah Ali Khamenei est devenu invisible. Lui qui se targuait d’avoir fait de l’Iran un modèle de stabilité n’a pas su empêcher la guerre ni, sans doute, la fin de son programme nucléaire. Itinéraire d’un tyran.