Alors que Nicolas Sarkozy est sorti de son silence, mercredi 8 août, pour réclamer « une action rapide de la communauté internationale » contre le régime Assad, Mediapart publie plusieurs notes confidentielles, rédigées entre mai et septembre 2008 par Ziad Takieddine. Le marchand d'armes fut le chef d'orchestre d'une inavouable diplomatie parallèle avec la Syrie et l'introducteur de l’ex-chef de l’État auprès du dictateur. À l'heure de la lune de miel…
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Mediapart révèle la retranscription du premier échange téléphonique entre Mouammar Kadhafi et Nicolas Sarkozy, le 28 mai 2007. Ce document, issu des archives libyennes, prouve que le président français, à peine élu, a offert sa collaboration sans condition avec le régime libyen, dans les domaines du nucléaire et de l'armement. Bachir Saleh, directeur de cabinet de Kadhafi au cœur des soupçons de financements occultes du clan Sarkozy, est annoncé pour s’occuper des « questions délicates ».
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Jean-Charles Brisard, l’auteur du mémo sur le financement par le régime libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, confirme lors d'un entretien avec Mediapart la mention du nom de l’ancien ministre de l’intérieur, Brice Hortefeux, dans le montage financier. Il affirme détenir « un classeur » et disposer « des montants, des noms, des pays, des dates précises ».
Selon un document consulté par Mediapart, le marchand d’armes Ziad Takieddine, organisateur en 2005 et 2007 des visites de Nicolas Sarkozy et de ses proches en Libye, aurait mis en place les « modalités de financement » de sa campagne présidentielle de 2007 par le régime de Kadhafi, en lien avec Brice Hortefeux, alors ministre des collectivités locales, et Saïf al-Islam. Un montant de 50 millions d'euros, une banque suisse et un compte à Panama sont évoqués dans ce document.
Selon de nouvelles notes obtenues par Mediapart, le marchand d'armes a offert à l'Elysée la médiation de Kadhafi pour obtenir des FARC qu'elles libèrent Ingrid Betancourt en 2008. Le scénario aurait été supervisé par Claude Guéant et suggérait l'envoi de Brice Hortefeux en Colombie.
La société française Amesys, filiale du groupe Bull, a bien vendu aux Libyens un vaste système d'espionnage du net. L'intégralité du contrat, aujourd'hui dévoilée par Mediapart, présente même des traces d'interceptions de mails au sein d'un laboratoire de l'université Paris-VI. Pour tenter d'étouffer le scandale, Amesys menace de poursuites judiciaires ses anciens salariés qui parleraient à la presse.
« Je vous mets au défi d'établir un lien ou d'apporter la preuve d'un lien entre M. Sarkozy et M. Takieddine », a lancé, lundi, sur le plateau de l'émission «Mots Croisés», Henri Guaino, conseiller spécial du président de la République. Mediapart publie les preuves et de nombreux documents, aujourd'hui entre les mains de la justice, de ce « lien » que l'Elysée veut oublier.
Avec la bénédiction de Nicolas Sarkozy, Ziad Takieddine a fourni en 2008 au dictateur libyen un 4×4 ultra-sécurisé fabriqué par la société française Bull-Amesys. Vendu 4 millions d'euros, ce véhicule furtif devait permettre à Mouammar Kadhafi de passer entre les bombes. Mediapart publie de nouveaux documents exclusifs sur les relations franco-libyennes d'avant guerre.
A l'issue de son audition, l'homme d'affaires a été mis en examen pour «complicité et recel d'abus de biens sociaux» dans le cadre du volet financier de l'affaire Karachi. Un nouveau témoin avait révélé aux policiers avoir eu connaissance de transferts de fonds opérés en espèces, depuis la Suisse, par Ziad Takieddine avec deux proches de Nicolas Sarkozy: Thierry Gaubert et Nicolas Bazire.