«La mémoire est-elle soluble dans l’eau?»: l’horreur de l’Holocauste dans un décor de cure thermale

Par Tënk & Mediapart

Rescapée des camps nazis et du génocide des Juifs, Solange se rend tous les deux ans en cure thermale à Évian. Un soin payé par l’Allemagne en guise de « réparation ». Son fils, Charles Najman, filme ses retrouvailles avec ses trois amies, anciennes déportées comme elle. Dans ce décor luxueux, les rires et l’effroi.

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Nous sommes au cœur de l’été 1995. Solange, née le 22 septembre 1921 à Lodz, en Pologne, et déportée à Auschwitz à l'âge de 20 ans, passe deux semaines à Évian avec trois amies, anciennes déportées comme elle. Tous frais payés par l’État allemand. Les douches, les souvenirs, les chansons du monde d’avant l’Holocauste, tout pourrait contribuer à raviver la douleur. Mais Solange est exubérante et trouve aussi dans ce décor du XIXe siècle une scène à sa mesure.