«Miss Rain», dans les méandres de la mémoire au Cambodge

Par Tënk & Mediapart

Trente ans après les crimes du régime khmer, une femme se décide à retourner sur les lieux, dans une forêt reculée du Cambodge, où sa famille a été tuée. Le réalisateur suisse Charlie Petersmann l’a accompagnée, pour signer un bref portrait poignant.

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La première fois qu'on la découvre à l'écran, elle est immergée dans l'eau du fleuve, jusqu'au cou, pour sa toilette. À son frère qui la met en garde, plus tard : « L'esprit de l'eau peut te faire du mal », elle répond : « L'eau ne peut faire aucun mal. » D'abord sur la défensive, elle accepte l'idée de retourner sur la terre ferme, et de s'approcher, dans une forêt reculée du Cambodge, des lieux où sa famille a été tuée par le régime des Khmers rouges, trente ans plus tôt. De manière précise et sobre, le réalisateur suisse Charlie Petersmann documente cette exploration, en forme de retour aux sources, mais aussi de deuil jamais achevé.