La maternité des Lilas aux prises avec l'incertitude de la politique de santé

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Un reportage de Charlotte Rouault et Benoit Bories pour Mediapart, octobre 2011.

 

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La maternité des Lilas (Seine-Saint-Denis) est un hôpital privé à but non lucratif qui participe au service public hospitalier (PSPH), fort d'un engagement de cinquante ans pour le droit des femmes à disposer de leur corps. Aujourd'hui, son avenir est incertain. L’Agence Régionale de Santé (ARS) d’Île-de-France a suspendu sa reconstruction, programmée dans le cadre du plan Hôpital 2012, qui aurait dû débuter ce mois-ci sur un terrain de la municipalité. Beaucoup de rumeurs changeantes ont circulé, et chaque acteur a sa propre analyse du blocage de la situation.

 

Dans un communiqué d'août 2011, le collectif de soutien au projet de reconstruction annonce que l'ARS aurait proposé, dans le cadre d'une réunion du 8 juillet 2011, l'intégration de la maternité à un pôle privé sur la commune voisine de Bagnolet (Seine-Saint-Denis), regroupant les cliniques de la Dhuys et Floréal, et qui serait confié à Ramsay Santé, filiale française du groupe australien Ramsay Health Care, fonds de placement spécialisé dans le secteur industriel de la santé. Aujourd'hui, c'est un projet de fusion avec le groupe hospitalier Les Diaconesses Croix Saint-Simon (Paris), hôpital privé à but non lucratif d'origine confessionnelle, qui occupe les esprits et inquiète les soignants de la maternité des Lilas, attachés à l'accompagnement des femmes dans leur choix de porter à terme ou non une grossesse.

 

Le collectif de soutien craint que le temps ne joue pas en la faveur de la réalisation du projet de reconstruction, pour lequel 1,6 millions d'euros ont déjà été engagés : un chargé de mission de l'ARS, Patrick Hontebeyrie, doit rendre un rapport en décembre 2011. Or, en mars 2012, le Contrat Pluriannuel d'Objectifs et de Moyens (CPOM) passé entre l'établissement et le ministère de la Santé, qui comprend la reconstruction de la maternité, arrive à son terme. Si la situation n'évolue pas d'ici là, l'hôpital – dont la vétusté des locaux est le seul point sur lequel tous s'accordent- risque l'endettement et le non renouvellement de son autorisation d'activité, et donc la fermeture.

 

 

Intervenants par ordre d’apparition :

– Marie-Laure Brival, gynécologue obstétricienne et chef et service de la maternité des Lilas
Daniel Guiraud, maire des Lilas et vice-président du Conseil Général de Seine-Saint-Denis
François Crémieux, directeur du pôle Établissements de santé de l'Agence Régionale de Santé d’Île-de-France
Assia Asloun, gouvernante de la maternité des Lilas
Jean-Pierre Escaffre, maître de conférence en science de gestion à la faculté des sciences Rennes I
Agnès Malet-Longcoté, directrice de santé de la mairie de Bagnolet
Karim Sissal-Areda, médecin du centre d'orthogénie de la maternité des Lilas
Virgine Gossez, sage-femme à la maternité des Bluets (75), membre du collectif Touche pas aux Bluets

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Boîte noire


Ramsay Santé (Ramsay Health Care) et les cliniques privées de la Dhuys et Floréal situées à Bagnolet n'ont pas souhaité répondre à nos questions.

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La rédaction de Mediapart

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