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A Barbès, «le foot n’endort pas le peuple»

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« Africa United » (« Afrique unie ») a résonné dans les quartiers populaires de Barbès et de la Goutte-d’Or à Paris, avant, pendant et après la victoire de l'Algérie face au Sénégal en finale de la coupe d'Afrique des nations, vendredi 19 juillet. À l'exception de quelques ombres au tableau, vainqueurs et vaincus ont fait la fête ensemble, inondant de joie les rues. Les Algériens avaient aussi en tête la révolution en cours dans leur pays.

Rachida El Azzouzi

20 juillet 2019 à 12h20

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  1. © Rachida El Azzouzi

    « Ici, c’est Keur Yacine, le Sénégal, là-bas, en face, c’est le café L’Espoir tenu par un Marocain qui accueille l’Algérie ! » 20 heures, vendredi 19 juillet. La Goutte-d’Or, quartier populaire dans le XVIIIe arrondissement de Paris, se divise dans la joie et la fureur des Klaxon et moteurs qui vrombissent entre pro-Sénégal et pro-Algérie. Rue Jean-Robert, casque sur la tête et drapeau algérien à la main, Mounir s’invite chez Keur Yacine, un restaurant typique de moins de huit mètres carrés tenu depuis vingt ans par une dame originaire de Mbour, une petite ville de pêcheurs sur la côte sénégalaise. 

    « Keur » signifie « maison » en wolof et Mounir, 21 ans, enfant du quartier et de cette rue qu’il a rebaptisée « du Sénégal », a fait sienne celle de Yacine il y a des années. Il appelle « Tata » la patronne, et il la nargue ce soir en lui jurant que l'Algérie va gagner parce que « c’est la meilleure équipe depuis le début de la coupe ». Celle-ci, en plus d’être superstitieuse, ne l’entend pas de cette oreille et se met à lui courir après dans un grand éclat de rire avec son rouleau de film alimentaire pour le frapper. Fatou, 43 ans, arrivée du Sénégal il y a huit ans, tranche : « C’est l’Afrique qui va gagner, un point, c’est tout ! » Elle est en direct par WhatsApp « avec le bled », où « il y a une ambiance de folie ». 

    À Oran aussi, d’où vient Mounir. « En plus, nous, c’est jour de manifestation contre le régime. » Il dit qu’il ne soutient que le foot et qu’il est mal placé pour parler de la révolution en cours : « J’étais pour qu’on vire le roi Bouteflika mais moi, je ne vis pas là-bas. Je ne vis pas la misère qu’ils vivent. Ici, je ne suis pas comme eux, en manque de tout. »

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