Ces immeubles, propriété de Marseille, visés par des arrêtés de péril imminent

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Parmi la quarantaine d’arrêtés de péril imminent publiés par la mairie depuis le 5 novembre 2018, trois visent des bâtiments à Belsunce et Noailles qui sont des biens publics, propriété de la Ville ou de ses sociétés. Et pour certains, vacants depuis des années.

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  1. Louise Fessard

    Le 15, rue de la Fare, à Belsunce, vacant depuis plus d’une dizaine d’années, appartient à la Ville. On tombe d'emblée sur un grand bâtiment muré et tagué dont les corniches s’effritent. Selon les riverains, l’immeuble, propriété de la commune de Marseille, est vide depuis une vingtaine d’années. Le 17 novembre, Julien Ruas, adjoint au maire de Marseille chargé de la prévention des risques, a ordonné à la commune de poser une palissade « avant la démolition de l’immeuble qui est en ruine sans aucune réparation possible », selon l’arrêté de péril imminent. C’est donc la Ville qui se met elle-même en demeure de sécuriser son propre bâtiment, abandonné depuis des années…

    Quelques jours plus tôt, l’expert désigné par le tribunal administratif avait constaté, selon l'arrêté municipal, que les cloisons « menacent à tout moment de s’effondrer entraînant une chute de la façade sur la rue » avec « une possibilité forte d’entraîner le bâtiment voisin ». Ce dernier, le numéro 13 a été évacué le 12 novembre, avec interdiction d’occupation. Un arrêté de péril a été pris le 24 novembre.

    Un appel à projet de la Soleam avait pourtant été lancé pour la « réhabilitation d’un immeuble vacant très dégradé au 15 rue de la Fare » pour réaliser « un programme mixte d'accession à la propriété et locatif libre » dans le cadre de l'opération d'aménagement dite « Grand centre-ville ». Les réponses étaient attendues avant le 29 novembre 2018… Mais l'effondrement de la rue d'Aubagne est passé par là.

    Le 9, rue de la Fare a également été évacué par les services municipaux le 12 novembre, mais sans arrêté de péril, laissant dans le désarroi le salon de coiffure au rez-de-chaussée qui ne dispose d’aucun document pour justifier son éviction auprès des assureurs.

    « Ça fait 20 à 25 ans que le numéro 15 est muré, en haut il y a des morceaux de corniche qui pendent et maintenant ils [la Ville – ndlr] viennent nous donner des leçons ? dit un propriétaire riverain furieux, sous couvert d'anonymat. Ils veulent faire fermer les restaurants kebab en face pour démolir leur immeuble, c’est un scandale ! »

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