Clément Méric, trois ans après, les antifascistes mobilisés contre l'oubli

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Le 5 juin 2013, le jeune Clément Méric, 18 ans, était battu à mort lors d'une rixe avec des militants d'extrême droite. Étudiant à Sciences Po Paris, militant à Solidaires, Clément Méric était également membre de l'AFA Paris-Banlieue, un mouvement antifasciste. Depuis trois ans, le Comité pour Clément se bat pour que son histoire ne soit pas oubliée. Une nouvelle journée de mobilisation avec manifestation et concerts est prévue samedi 4 juin à Paris.

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  1. Le 5 juin 2013, Clément Méric, jeune militant antifasciste, était tué lors d'une bagarre avec des membres de l'organisation d'extrême droite JNR, dissoute depuis, à Paris. Trois jours plus tard, des milliers de personnes défilaient dans la capitale, du métro Bréguet-Sabin à Gambetta. Le cortège s'arrêtait au niveau du métro Père Lachaise pour une prise de parole. L'émotion était immense.

  2. Le 23 juin 2013, 6 000 personnes défilent à Paris dans un cortège unitaire derrière l'Action antifasciste Paris-Banlieue contre l'extrême droite, en mémoire de Clément Méric. Interrogé par Mediapart, un membre du Comité pour Clément raconte : « Le comité est né trois mois après, en septembre 2013. On voulait construire quelque chose qui permette de continuer à porter la mobilisation. Ne pas laisser isolées les personnes qui étaient là. Répondre à certains discours présents dans les médias... »

  3. 5 décembre 2013. Un collage est organisé pour les six mois de la mort de Clément Méric. Ses camarades sont encore sous le choc du décès de leur ami. Une équipe de colleurs est contrôlée par la police place Stalingrad. Les forces de l'ordre confisquent la colle suscitant l'incompréhension des antifascistes. Cette action est vécue comme une injustice et sonne le glas de la période de grâce. « Des gens ont commencé à militer contre l’extrême droite à ce moment-là, d’autres se sont remobilisés », explique un membre du Comité pour Clément.

  4. 5 décembre 2013. Une seconde équipe de colleurs arrive avec du matériel. Le collage peut reprendre, ici sur le boulevard de Belleville.

  5. 5 décembre 2013. Le collage en mémoire des six mois de la mort de Clément Méric se termine au pied de l'église Saint-Bernard, un des symboles de la lutte des sans-papiers à Paris.

  6. 6 juin 2014. Le Comité pour Clément organise deux jours de concerts de différents styles. Ici aux platines, à La Maroquinerie, DJ Pone. « Les manifestations annuelles doivent être ancrées sur l’actualité, pas seulement sur la commémoration. Par exemple, en 2014, il y avait les résultats du FN aux élections. On voit bien à ce moment-là que la prise de conscience globale du danger FN est loin d’être gagnée », explique un membre du Comité.

  7. 6 juin 2014. Des artistes venus de partout en Europe se produisent au festival « Les lendemains qui chantent ». Ici, la Scred Connexion enflamme la salle avant de faire place au fils du résistant Adolfo Kaminsky, le rappeur Rocé. En arrière-plan, une fresque d'inspiration tatouage old school annonce « Une vie de lutte plutôt qu'une minute de silence ».

  8. 7 juin 2014. Au métro Bréguet-Sabin, manifestation, un an après la mort de Clément Méric. Cette année-là, le cortège est marqué par les résultats du Front national aux élections municipales. « Cette année, en 2016, les enjeux politiques sont encore plus larges, explique un membre du Comité, avec l'état d’urgence, la réforme du Code du travail, et de manière générale, la crise politique importante avec le risque de montée de l’extrême droite en 2017. »

  9. 7 juin 2014. Le cortège s'arrête au niveau du métro Père Lachaise, les fumigènes s'embrasent avant la prise de parole.

  10. 6 juin 2015. La manifestation commémorative s'inscrit dans une dynamique toujours plus politique, les revendications dénoncent les violences policières à l'encontre des populations issues de l'immigration et les violences de l'extrême droite. Les drapeaux se diversifient : Refugees Welcome, drapeau de l'Action antifasciste aux couleurs du Kurdistan, du Pays basque.

  11. 6 juin 2015. En tête de cortège, une banderole ouvre la marche « contre l'État et l'extrême droite, autodéfense populaire ». Parmi les combats revendiqués par l'AFA, le soutien au peuple palestinien est devenu, avec la dénonciation des violences policières, prédominant.

  12. 6 juin 2015. La tension et la répression sont encore montées d'un cran lors de la manifestation commémorative. Au départ du métro Bréguet-Sabin, les forces de l'ordre sont présentes et nombreuses. Les militants en tête du cortège défilent à l'abri des caméras derrière les banderoles et sous un écran de fumigènes. 

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