En Turquie, auprès des Kurdes charbonniers

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En raison des politiques discriminatoires et répressives de l’État turc, de nombreux Kurdes n’ont d’autre choix pour gagner leur vie que d’effectuer des travaux saisonniers. Ainsi, Memet Alkis fait venir chaque année, du printemps à l’automne, des membres de sa famille afin de produire du charbon dans la province de Kizilcahamam, près d’Ankara. Dans des conditions difficiles, les travailleurs, femmes et enfants compris, coupent le bois, l’empilent et le carbonisent. Après six mois de dur labeur, ils repartiront avec juste assez d’argent pour tenir jusqu’à la saison prochaine. 

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  1. Kizilcahamam, Turquie, 2017. Memet et sa famille. Depuis 15 ans qu’il habite à Kizilcahamam, Memet s’est créé un réseau au sein des services de l’État comme parmi les intermédiaires travaillant pour les compagnies qui achètent le charbon. Tous les ans, il fait venir sa famille des environs de Mardin (à plus de 1 000 kilomètres de Kizilcahamam, non loin de la frontière syrienne) pour travailler avec lui dans les montagnes. Il négocie l’achat des droits de coupe dans les immenses forêts de chênes entourant Kizilcahamam en proposant un meilleur prix à la stère que ses concurrents. Il se charge aussi des formalités administratives pour les travailleurs et loue la terre sur laquelle ils établiront leur camp.

    Quand il s'est installé dans la région de Kizilcahamam, il a vécu pendant trois ans avec sa famille dans la montagne, sous une tente, préférant supporter étés brûlants et hivers glaciaux pour que la scolarité des enfants ne soit pas interrompue par la migration saisonnière. Il a maintenant une maison en ville. Bien que tous les travailleurs soient de la même famille, Memet garde une distance avec eux. Il est fier de leur fournir ce travail, mais il reste le chef.

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