Faire corps avec Sébastopol

Il y a un an, le 16 mars 2014, un référendum rattachait la Crimée à la Russie. L'été suivant, Jana Romanova y séjournait avec l'intention de photographier Sébastopol. Son projet, « Immerse (Sevastopol) », « consistait à comprendre comment l'espace, l’architecture d'une ville prennent corps chez ses habitants qui à leur tour deviennent une partie de la ville ». « J’ai commencé par chercher des jeunes de moins de 30 ans, qui sont nés et ont grandi à Sébastopol », raconte-t-elle. « Ces jeunes, en fait des gens de ma génération, sont confrontés à une situation difficile : beaucoup sont nés en Union soviétique, ont grandi en Ukraine (en pensant parfois qu'ils vivaient en Russie ou en Union soviétique) et maintenant, après le référendum, ils vivent en Russie pour de vrai. Sans avoir eu à se déplacer. Tous n’ont pas le même point de vue sur la ville. Toutefois, il ne fut pas facile, après le référendum, de trouver des gens qui considéraient que Sébastopol était plus “ukrainienne” que “russe”. »

 

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  1. Stanislav, 18 ans, étudiant. Photographié près du monument en hommage au sabordage de la flotte russe pendant la guerre de Crimée, inauguré en 1905.

    Stanislav : Gamin, je venais toujours ici, et même maintenant je traîne beaucoup sur la digue. Le monument se trouve toujours à sa place d'origine. La ville a été détruite mais il a survécu.
    Jana : J’ai vu des gens y grimper pour plonger. Vous l’escaladez vous aussi ?
    Stanislav : Bien sûr que non ! S’ils ont construit le monument loin de la rive, si quelques mètres le séparent des gens, c’est parce que c’est la distance nécessaire pour le regarder, ou même regarder l'Histoire. Je ne pourrai jamais grimper dessus, c’est irrespectueux.

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