« Je suis une toile pour mon tatoueur »

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C'est « une manière de s'approprier son corps ». Un corps qu'il ne faut offrir qu'à quelqu'un de confiance : « C'est comme tomber amoureux : tu couches pas avec n'importe qui. » Depuis une dizaine d'années, les femmes ont investi le milieu du tatouage. Tatoueuses ou clientes, elles se juchent à égalité avec les hommes qui ont tenu longtemps le haut de l'affiche (selon un sondage réalisé en France en 2010, 9 % des femmes sont tatouées contre 11 % des hommes). Une quinzaine de femmes françaises, américaines, belges, italiennes, racontent ici leur quotidien, leurs projets. Et leurs corps souvent reluqués mais toujours assumés.

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  1. Juliette, 27 ans, tatoueuse (Lille, France) : « J'ai commencé à me faire tatouer à 19 ans, un truc tout simple, sans signification. Pour moi, c'est une démarche artistique et un échange avec les personnes. Je ne confère pas un côté sacré au tatouage. Je me suis fait aussi tatouer la poitrine et le cou, quand je suis devenue tatoueuse professionnelle, comme un non-retour.
    Des filles aussi tatouées que moi sont encore rares en France alors qu'en Amérique du Nord, les gens sont moins effrayés. Au shop, nous mettons en garde les jeunes qui viennent pour la première fois et veulent se faire piquer le cou, le visage, les mains. On leur dit : “Fais gaffe, tu ne sais pas encore forcément ce que tu veux faire dans la vie et ça peut fermer des portes.” Je fais beaucoup de yoga, parce que c'est un boulot hyper prenant, physique. Tu es dans une position de merde, crispée, avec des machines lourdes qui vibrent tout le temps, y a vraiment moyen de finir sourde, myope et pleine d'arthrose. »

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