Les Algériens de France disent eux aussi «Dégage» à Bouteflika

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La communauté algérienne d’Île-de-France était mobilisée ce dimanche 3 mars place de la République à Paris. La limite pour le dépôt des candidatures à la présidentielle du 18 avril tombe ce soir à minuit.

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  1. De nombreux manifestants sont venus ce dimanche 3 mars place de la République avec de petites pancartes. « Liberté », « Un peuple uni contre un clan », « Non au 5e mandat », « Dégagez. L'Algérie mérite mieux », peut-on lire, entre autres, sur leurs écriteaux.

  2. « On restera là, on ne bougera pas. Que l'armée vienne, ou les groupes d'intervention rapide de la gendarmerie, on restera là », entonne la foule d'une seule voix.

  3. Baya, assistante maternelle : « Mon panneau dit tout. On en a marre de la dictature en Algérie, il faut que le système change. » À côté d'elle, son amie Dalila renchérit : « Derrière Bouteflika, il y a tout un système. Et dans ce système, il y a la France. Tant qu'elle soutiendra le régime algérien, cela ne bougera pas. »

  4. Comme dans les manifestations à Alger, le cadre est devenu l'un des symboles du régime Bouteflika.

  5. Lotfi, venu avec son fils Nour, est arrivé en France il y a dix ans. Il est agent de sécurité. « J'ai trouvé ma chance ici, j'ai trois enfants et je suis propriétaire de mon logement. Mes frères et mes sœurs qui sont en Algérie sont allés manifester eux aussi. Le peuple algérien a vécu sous les menaces pendant vingt ans. Aujourd'hui il n'a plus peur. »

  6. La foule s'épaissit en début d'après-midi sur la place de la République.

  7. Au milieu de la manifestation, Souad se photographie avec des messages écrits sur de simples feuilles de papier. Elle envoie ses selfies en direct sur les réseaux sociaux. « Vive l'Algérie. Non à un cinquième mandat », dit ce message.

  8. La plupart des manifestants, smartphone à la main, sont connectés avec l'Algérie et envoient en direct messages, photos et vidéos.

  9. Farid (à gauche sur la photo) est agent de sécurité. Sa famille a manifesté vendredi à Biskra, une ville du nord de l'Algérie qui compte quelque 200 000 habitants. « Il y avait entre 10 000 et 15 000 personnes dans la rue, c'était très important ! C'est un mouvement pacifique, il n'y a eu aucune violence jusqu'à présent. Tout ce qu'on demande, c'est le départ de Bouteflika. »

  10. Bouteflika a jusqu'à ce dimanche 3 mars à minuit pour déclarer ou retirer sa candidature. Tous espèrent qu'il ne va pas se présenter. Mais certains, lucides, estiment que le problème est plus profond que cela.

  11. Ali, architecte, entonne les slogans à pleine voix. « Y aura pas de pardon », « Pouvoir assassin »… Il s'offusque de voir un gouvernement « de voleurs et de corrompus » qui ne veut « pas céder ». « Mais on ne peut pas être dirigés par un homme qui ne peut même plus bouger sa main depuis son AVC en 2013 ! »

  12. Fanions, draps, écharpes, casquettes… le drapeau algérien est omniprésent.

  13. « Erreur 404. President not found », dit un panneau.

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