Mange-Garri, poubelle à boues rouges

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Depuis janvier 2016, l’usine Alteo de Gardanne (ex-Pechiney), qui extrait l’alumine de la bauxite, n’a plus le droit de déverser ses boues rouges dans la mer Méditerranée. Elle entrepose désormais ses déchets solides au sommet de la colline de Mange-Garri, à 6 kilomètres à l’ouest, sur un vieux site de stockage réactivé dans la commune de Bouc-Bel-Air, dans les Bouches-du-Rhône. Au grand dam des habitants de cette cité-dortoir chic qui ont déposé plainte, notamment pour mise en danger de la vie d’autrui.

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  1. © Patrick Artinian

    Bouc-Bel-Air, bassin numéro 7 de Mange-Garri. 28 juin 2019. Pour extraire l’alumine contenue dans la bauxite, on broie cette dernière avant de la mélanger avec de l’eau et de la soude et d’augmenter pression et température. L’alumine se dissout alors dans l’eau comme du sucre. Il ne reste plus qu’à récupérer le mélange alumine + eau, à calciner le tout et à recueillir l’alumine solide. C’est le procédé Bayer inventé par l’Autrichien Karl Bayer en 1887 qui a fait à l’époque le voyage jusqu’à Gardanne au démarrage de l’usine, la première à appliquer son processus. Mais, au fond de la marmite, il reste un mélange nauséabond, principalement composé d’oxyde de fer et de silicates, très basique (soude), les fameuses boues rouges dont on ne sait quoi faire. Au début, on s’en débarrassait dans les pinèdes alentour, dont celle de Mange-Garri. Dans les années 1960, la production étant appelée à augmenter, il fallait voir plus grand, Pechiney a construit un pipeline qui allait envoyer des millions de tonnes de boues rouges jusqu’à la mer, en plein cœur de ce qui deviendra le parc des Calanques au large de Cassis. En janvier 2016, en application, tardive, des accords de Barcelone sur la protection de la mer Méditerranée, Alteo a été contraint de renoncer à envoyer ses boues dans le canyon de Cassidaigne. D’où le retour à Bouc-Bel-Air.
    Le bassin 7 recueille toutes les eaux polluées drainées des autres bassins en amont. « Pas besoin de faire des études monstrueuses pour voir que ce site n’est pas adapté. C’est une zone hyper urbanisée, avec des écoles et des habitations autour », dénonce Dorothée Pinoncely, riveraine et membre de l’association écologique ZEA.

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