A Alger, il y a 150 ans, une Commune respectueuse de l’ordre colonial

Une « commune d’opérette ». C’est en ces termes peu flatteurs qu’est désignée la Commune d’Alger (septembre 1870-avril 1871) dans les rares livres qui la mentionnent. Son histoire illustre pourtant la complexité du peuplement européen de l’Algérie autant que l’intensité des résistances.

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La Commune d’Alger ? L’historiographie algérienne l’ignore, car elle n’a que très marginalement impliqué Arabes et Berbères colonisés. L’historiographie française de sensibilité anticoloniale ne l’aime pas davantage pour les mêmes raisons. Quant à l’historiographie de tradition Algérie française, elle n’a que dédain pour cet épisode brouillon et confus. Pourtant, neuf mois durant, la Commune d’Alger a incarné les aspirations à la liberté et à l’autonomie de la population européenne du grand port méditerranéen, non sans parallèles ni convergences avec ce qui se jouait à Paris, ni sans implications pour le nouvel ordre colonial qui se mettait en place et qu’elle ne contestait en rien.