Jean-Philippe Toussaint: serait-ce vraiment fini de Marie ?

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Jean-Philippe Toussaint a ouvert son cycle de Marie Madeleine Marguerite de Montalte il y a onze ans avec Faire l'amour. En cette rentrée littéraire 2013, il annonce en finir avec elle et offrir avec Nue un point d'orgue à cette rupture infiniment recommencée. L'écrivain, qu'on annonce “goncourable”, expose pour Mediapart la genèse et la conception de cette tétralogie désormais close. Extrait de Nue en fin d'article.

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En finir avec Marie, vraiment ? C’est ce qu’annonce pourtant Jean-Philippe Toussaint : Nue serait le quatrième et dernier volet d’un cycle commencé en 2002 avec Faire l'amour et poursuivi avec Fuir (2005) et La Vérité sur Marie (2009). Dès le départ, l’histoire était celle d’une rupture, paradoxale puisque infiniment recommencée : « Combien de fois avons-nous fait l’amour ensemble pour la dernière fois ? Je ne sais pas. Souvent. » Nue serait la quatrième et dernière saison d’une saga passionnelle, sur un faire, défaire, refaire l’amour – chaque tome comme « un ruban de vie éphémère, aérien, torsadé, vain et momentané » – mais aussi à écrire une femme qui échappe, ne cesse de se métamorphoser, de fuir : Marie, figure centrale de ce cycle qui porte désormais son nom, comme quatre variations sur la même initiale, Marie Madeleine Marguerite de Montalte, de même que l'ensemble romanesque comporte quatre saisons, que l'on pense aux collections de mode, aux variations météorologiques annuelles ou aux saisons mentales. Avec Nue, nous sommes en « automne-hiver ».