Alice Zeniter: «Penser en dehors de la place que m’assignent les autres»

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Rencontre avec celle qui signe l’un des romans les plus prometteurs de cette rentrée : L’Art de perdre (Flammarion). Dézingage fin et puissant des préjugés sur la guerre d’Algérie, l’immigration, l’islam, le racisme…

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L’Art de perdre est un roman à la fois ambitieux et accessible. Il récapitule la guerre d’Algérie puis le regroupement en France sitôt l’indépendance de 1962, vus d’une famille kabyle. Celle-ci est considérée comme supplétive de la force coloniale (les fameux « harkis »), tant n’a cessé de croire à l’éternité de la présence française le grand-père, Ali, devenu riche propriétaire à la suite de la possession d’un pressoir apporté par un cours d’eau en furie – le livre se laisse du reste inonder par les motifs hydrauliques et même liquides (l’urine comme les larmes n’y sont pas sans importance).