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Suite hongroise (1/2): Márai et Kertész, métèques et vigies

5 janvier 2013 | Par Dominique Conil

Dans Les Étrangers, Sándor Márai, mort en 1989, raconte la France de l’entre-deux-guerres : amour déçu, xénophobie rampante et Bretagne magnifiée. Dans son journal 2001-2003, Imre Kertész reçoit le Nobel, quitte Budapest pour Berlin. Langue superbe de l’un, exigence à vif du second, ils nous parlent de l’autre Europe, celle de l’esprit et de l’échange, mise à mal par le totalitarisme, le tout-économique ou la tentation du repli.

 

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Jour de décembre, près de Châtelet à Paris, nuit tombée et bruine obstinée, lumières floutées d’un velum, le Miroglio café. Miroirs, lustres, fauteuils ornementés à touche-touche, l’arrière-salle est bondée. Pour parler du dernier ouvrage de Sándor Márai publié par Albin Michel, Les Étrangers, se retrouvent là universitaires ou passionnés, tel Vati, blogueur sexagénaire tombé amoureux de l’écrivain hongrois. Et bien sûr est présente, frange droite sur l’œil, Ibolya Virág, traductrice, éditrice, infatigable passeuse des littératures d’Europe centrale, qui fit redécouvrir Márai au monde (lire sous l'onglet prolonger).