Jean Rolin, touriste en Syrie

Par Denis Bidaud (En Attendant Nadeau)

En partant sur les traces de Lawrence d’Arabie visitant des châteaux croisés avant la Première Guerre mondiale, Jean Rolin aurait pu écrire une suite à son Traquet kurde, savoureuse variation sur la relation entre ornithologie et espionnage. Mais si l’écrivain continue de nous enchanter par sa grâce, son humour et son style, c’est aussi, et surtout, le prodigieux journaliste qui émerveille dans Crac.

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Lors d’un dialogue avec Jean Rolin, Patrick Deville suggérait aux critiques chargés de rendre compte de Crac un titre : « Missiles et mangonneaux ». Deux armes de siège qui, chacune selon ses moyens, ont causé d’importants dégâts à ces châteaux forts érigés par les croisés que Jean Rolin, entre Jordanie, Liban et Syrie, est allé voir, 110 ans après son guide, le colonel Thomas Edward Lawrence – avec lequel Rolin partage le souvenir d’une enfance à Dinard. Dans Le Traquet kurde, Rolin étudiait le lien unissant ornithologie et espionnage. Dans Crac, il indique que c’est un archéologue, David Hogarth, qui a peut-être parrainé Lawrence dans le métier du renseignement.