«Confessions d’un masque»: Mishima en son extrême jeunesse

Par Maurice Mouriert (En Attendant Nadeau)

Tokyo, au milieu des années 1960. Relevé de ses ruines, le Japon entamait sa prodigieuse ascension économique. Une brillante société de mondains et d’intellectuels menait grand train, de cocktails en soirées. Mishima en faisait partie. Son œuvre de jeunesse, Confessions d’un masque, est pour la première fois traduit directement du japonais en français. À lire à la lumière de l’itinéraire de son auteur.

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Dans ce Japon en pleine mutation, quelques individualités singulières exerçaient une sorte d’autorité culturelle vaguement iconoclaste. Mishima, l’une des plus voyantes d’entre elles, était alors un homme de quarante ans mince et musclé, remarquablement élégant dans sa tenue occidentale de couleur sombre, séduisant plus que beau à cause d’un visage contracté, de lèvres trop minces, d’un regard en dessous à la fois méfiant et dédaigneux.