Les paradis irradiés de Volodine

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Politique et littérature ont une exigence commune: créer des mondes possibles, inventer un peuple qui manque. Lorsque cette exigence se perd, les deux régressent au niveau du simple storytelling. Mais parfois, une œuvre solitaire répond à cette exigence. C’est le cas du roman d’Antoine Volodine, Terminus radieux

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Près de trente ans après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, en 1986, des chercheurs ont fait une découverte surprenante : les arbres morts mais aussi les plantes et les feuilles se décomposent beaucoup plus lentement que la normale. Tout le processus de décomposition des êtres vivants, qu’il s’agisse d’humains, d’animaux, de végétaux mais aussi d’insectes, de microbes, serait ralenti par les radiations. Selon ces chercheurs, la radiation inhiberait la décomposition microbienne des feuilles qui jonchent le sol du site contaminé, accréditant l’idée d’une sorte de mort lente ou d’éternité provisoire obtenue grâce à la radiation.