Reprendre le 13-Novembre à zéro

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Quatre livres de la rentrée reviennent sur la nuit des attentats du 13 novembre 2015, pour parler de l’après : donc de nous, ici et maintenant. Difficile de nous raconter notre histoire, quand elle s’écrit sur des morts qui viennent à peine d’être enterrés.

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Concluant Prendre dates, petit essai paru quelques mois après les attentats de janvier 2015, Patrick Boucheron et Mathieu Riboulet écrivaient : « Ce qu’on a fait ici, c’est occuper un peu, faute de mieux, cet entretemps incertain qui s’étire entre la stupéfaction de l’événement et le recul de l’histoire […]. L’occuper un peu, en y jetant des mots, en l’inscrivant quelque part, des noms et des dates, rien de plus. On sait faire, c’est vieux comme les tombeaux : s’occuper des morts et calmer les vivants. Pour le reste, ça commence. Tout est à refaire. » Aujourd’hui, presque deux ans après les attentats du 13 novembre, c’est au tour de la littérature d’occuper le terrain. Paraissent quatre livres qui évoquent la tuerie du Bataclan, cherchant une manière de sortir de l’« entretemps incertain » : Survivre, de Frederika Amalia Finkelstein, L’Étreinte, d’Adrien Genoudet, Le Livre que je ne voulais pas écrire, d’Erwan Larher et Identités françaises, de Brice Matthieussent.