Les effets de Nuremberg sur la question raciale aux Etats-Unis

Par Sonia Combe (En Attendant Nadeau)

Les États-Unis ont joué un rôle essentiel dans la conception du procès de Nuremberg en 1945. Ce dernier fut plus tard utilisé dans le combat judiciaire pour les droits civiques et contre la guerre au Vietnam, ce que voulaient pourtant éviter ses concepteurs. L’historien du droit et sociologue Guillaume Mouralis nous ouvre « les coulisses et la machinerie de Nuremberg ».

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

On doit déjà à Guillaume Mouralis une étude sans équivalent (et sans concession) sur les contorsions juridiques de l’Allemagne de l’Ouest dans sa gestion pénale du passé communiste est-allemand[1]. C’est à des contorsions juridiques bien antérieures qu’il s’est intéressé cette fois, celles du Tribunal militaire international (TMI) devant lequel ont comparu, entre le 21 novembre 1945 et le 1er octobre 1946, à Nuremberg, vingt-et-un responsables nazis de premier plan et sept organisations criminelles. Un procès d’une nature inédite dont l’auteur n’entend pas faire le récit événementiel, largement connu et documenté, mais dont il veut discuter la position dans l’histoire sociale des idées, avant d’aborder ses répercussions dans les pratiques juridiques internationales. Un « moment », car il s’agit d’un événement judiciaire qui déborde, comme on le verra, le procès proprement dit.