Robert Lepage, 887 fois lui-même

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Avec son nouveau spectacle, 887, le metteur en scène et comédien québécois Robert Lepage dessine l'histoire de la Révolution tranquille, qui est aussi le parcours d'une vie. En déclinant des variations autour du thème de la mémoire, il invite à retrouver les éléments qui caractérisent l’espace de ses solos : une narration intime, où il joue (plus ou moins) son propre rôle, et néanmoins tentaculaire, empruntant autant à l’autobiographie qu’à l’Histoire, à l’art qu’aux neurosciences.

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Chaque fois que s’annonce un nouveau spectacle de Robert Lepage, passé le premier réflexe gourmand se pose la question de savoir de quel Lepage il s’agit : aura-t-on affaire au Lepage « deus ex machina », comme l’annonce sans complexe le nom de la compagnie qu’il a fondée en 1994 à Québec, metteur en scène prolifique et tout-puissant capable de générer des univers gigantesques à partir de boîtes à chaussures, tout en mettant les technologies les plus sophistiquées au service d’images parfois fugaces (La Trilogie des dragons, Lipsynch, Jeux de cartes, pour ne citer que les plus récents) ? Ou au Lepage des solos où, acteur et porte-parole de la plus intime de ses nombreuses peaux, il livre avec parcimonie quelques clés de son monde propre (clés qu’il transmet d’ailleurs, souvent, au comédien Yves Jacques comme avec La Face cachée de la lune ou Le Projet Andersen) ?