James Longenbach : «La poésie nous demande d’exister»

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Dans La Résistance à la poésie, une brillante lecture de la poésie américaine parue aux Éditions de Corlevour, le poète et essayiste James Longenbach soutient que « la poésie est son propre ennemi », en ce sens que leur langage même interdit aux poètes de « devenir les médiums dociles de cette transmission » aux voies singulières.

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Dans un essai d’un brio étourdissant, James Longenbach définit par antithèse comme une « résistance à la poésie » le refus des poètes de faire ce qu’on attend d’eux. De tout temps, selon lui, ils ont veillé à ce que leur art, du moins dans son expression lyrique, soit confiné à une « marginalité culturelle ». Et pour quelles raisons ? « Parce que », au-delà des signes évidents de popularité de l’époque en faveur de ceci ou cela, « nous ne pouvons jamais être certains » dans le temps long de la sensibilité « de ce qui constitue notre vie commune ». Rien ne dit donc que « la poésie nous importe dans le même sens » que les événements qui ont besoin d’être collectivement célébrés.