« Fanon, un nom tel le faisceau lumineux d’un phare »

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À travers ses doubles – Frantz Fanon, Jean-Luc Godard –, John Edgar Wideman mène dans Le Projet Fanon (Éd. Gallimard) son questionnement politique. « Tout n’est qu’une seule et unique chose, à jamais, le monde que je fabrique à partir de moi-même, le moi-même que le monde fait de moi. »

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Le Projet Fanon, John Edgar Wideman (né en 1941) le porte en lui depuis plus de quarante ans, depuis sa première lecture des Damnés de la terre (1961), un livre qui le révèle à lui-même, à l’écriture, à la révolution nécessaire, la lutte contre le fléau du racisme, un engagement politique rageur. Fanon est l’autre rêvé, un modèle, un idéal… Mais l’enjeu est immense : Écrire Fanon revient donc d’abord à dire un échec, une honte, la culpabilité de ne pas être à la hauteur de ce double, cet élu. « Si je ne pouvais vivre ta vie, ne pourrais-je l’écrire ? » Ce que Fanon a forgé, par les mots, par les armes, c’est une « nouvelle langue jamais entendue » que Wideman projette de rendre.