120 mondes vacillants de Philip K. Dick

Par Sébastien Omont (En attendant Nadeau)

Philip K. Dick dans la collection « Quarto », aux côtés de Melville ou de Dickens, c’est déjà une reconnaissance pour celui qui fut l’archétype de l’écrivain marginal, confiné à un sous-genre alimentaire. Mais lire ses Nouvelles complètes dans leur continuité permet de vérifier l’importance de l’œuvre et la prescience de l’emprise humaine sur la planète – ce qu’on appelle aujourd’hui l’Anthropocène.

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Philip K. Dick voulait vivre de sa plume, ce qui justifie le déséquilibre chronologique : quatre-vingts nouvelles entre 1951 et 1955, jusqu’au déclin des magazines pulp auxquels il vendait ses histoires ; une petite quarantaine ensuite, à partir de sa bifurcation vers le roman. Certaines nouvelles apparaissent d’ailleurs comme des matrices des histoires longues à venir : la manipulation de l’information en temps de guerre dans « Les défenseurs » (1952) annonce La Vérité avant-dernière (1964), la « semi-vie » de « Ce que disent les morts » (1963) sera développé dans Ubik (1969).