Le roman mauritanien de la nostalgie nomade

Par Jean-Loup Samaan (En attendant Nadeau)

Dans Parias comme dans les précédents récits de Mbarek Ould Beyrouk, les personnages subissent les métamorphoses de la Mauritanie, pays où se disputent encore les traditions du désert aux mutations liées à une urbanisation inexorable.

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Quelque part au milieu du roman, un de ces personnages se remémorant sa vie passée se lamente : « Nous avons été trop heureux ce soir-là et, les jours et les mois qui ont suivi, nous nous sommes précipités sur le grand méchoui de l’amour, nous avons avalé de trop grosses bouchées de félicité et nous avons peut-être consommé là toute notre ration de bonheur. » On a, avec ces quelques lignes, toute la triste beauté d’un roman qui tourne autour du destin de deux personnages, un père et son fils : deux êtres perdus, condamnés au souvenir d’un passé heureux et révolu.