«Le Grand Meaulnes» enfin troublant de modernité

Par Tiphaine Samoyault (En attendant Nadeau)

Le Grand Meaulnes en Pléiade. On pourrait s’étonner qu’il n’y fût pas encore. Mais on s’étonne peut-être encore plus qu’il y entre au moment même où il cesse d’être un classique.

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Publié en 1913 l’année de tous les chefs-d’œuvre (Du Sacre du printemps à Du côté de chez Swann), par un auteur mort dans les premières batailles de 1914, Le Grand Meaulnes est vite devenu, en France, l’exemple type du classique scolaire. Il est un roman de l’école, celle de la Troisième République, celle des élèves en blouse, des pupitres inclinés, des taches d’encre et des instituteurs modèles. Il est aussi un roman pour l’école en proposant, loin d’elle, une aventure enchantée qui signerait le passage de l’enfance à un âge adulte qui resterait fidèle à l’enfance. Il est un roman de l’adolescence, du temps qui change et il est en même temps un roman de l’immémorial, du temps qui ne change pas.