Contes de faits : quand la littérature se confronte à la justice

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Tout fait divers est roman potentiel : il offre des personnages, un cadre, des événements. Trois romans qui viennent de paraître illustrent ces noces de la justice, de la presse et de la littérature et déploient les possibles d'une écriture, factuelle ou fictionnelle, du réel. Extraits des livres en fin d'article.

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Les liens du fait divers et de la littérature sont anciens et les exemples canoniques nombreux : De sang-froid de Truman Capote (1966) ou Le Chant du bourreau (1979) de Norman Mailer pour la littérature américaine ; L’Adversaire (2000) d’Emmanuel Carrère ou Claustria (2012) de Régis Jauffret, pour le domaine français. Au centre de chacun de ces livres, un ou des hommes dont les actes dépassent l’entendement et fascinent. Roland Barthes, dans ses Essais critiques, a montré qu’« il n’y a pas de fait divers sans étonnement ». La nouvelle, telle que relatée par les journaux, sidère, cristallise interrogations et incompréhensions. Elle est une « information monstrueuse », un « rebut inorganisé » que la fiction vient relire et reprendre, à défaut de lui trouver un sens.