Voyage en manuscrits au bout de l’extrême

Par Jeanne Bacharach (En Attendant Nadeau)

L’exposition « Manuscrits de l’extrême », qui se tient à la BNF jusqu’au 7 juillet, rassemble des textes écrits au bord d’abîmes multiples : ceux qui bordent la prison, la passion, les états de possession ou de péril. Ces manuscrits révèlent les traces et les mots laissés dans l’urgence et la nécessité par des mains d’écrivains (Michaux, Guyotat, Saint-Simon…), de femmes, d’hommes ou encore d’enfants.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

La pénombre qui baigne l’exposition nous plonge dans le noir d’un monde d’encre, de lettres, de signes, et de mots écrits dans l’extrême urgence. On y entre presque sur la pointe des pieds et, parvenus au carrefour de l’exposition, avant d’entrer dans le bain des mots, on hésite, inquiets, devant les quatre chemins qui s’offrent à nous : « Prison », « Passion », « Péril », « Possession ». Quatre espaces, comme quatre ruches, couvent des textes et des vies fragiles, précieuses et pour la plupart peu exposées. Devant ces textes de vie et de mort, présentés dans une scénographie sensible et agrémentés d’un riche catalogue, la commissaire Laurence Le Bras, conservatrice des manuscrits à la BnF et responsable entre autres de la remarquable exposition « Guy Debord. Un art de la guerre » en 2013, réussit à transmettre au visiteur une intense émotion.