Les secrets inavoués du journalisme culturel

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Pour remplir les pages Culture, on hésite de moins en moins à accepter les largesses des institutions culturelles : voyages de presse, « partenariats » discrets et publi-information camouflée se multiplient. Une enquête de la Revue du Crieur, dont le quatrième numéro est en vente tout l'été.

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Au printemps 2015, entre mai et juin, ont fleuri dans les médias français un petit bouquet de reportages étrangement semblables, tous consacrés à la flamboyante histoire des castrats dans le Naples du XVIIIe siècle. Les lecteurs du Figaro, du Monde, de La Croix ou de L’Express, les auditeurs de RFI et les téléspectateurs de France 2 ont pu suivre les pas des journalistes dans les rues de la « cité parthénopéenne », « qui, depuis sa fondation, bat au rythme de la musique », et ont plongé « aux sources de cette école de chant célébrée dans toute l'Europe baroque ». Les lieux visités, de la résidence royale des Bourbons dans la ville voisine de Caserte à l’hôtel particulier du castrat Gaetano Caffarelli, se retrouvent d’un article à l’autre. Tout comme des anecdotes et certains témoins, dont la flamboyante Béatrice de Bourbon des Deux-Siciles, « descendante directe de Charles III et de Louis XIV ».