«Un sombre et magnifique espoir»: les révolutions manquées de Jean Cassou

Par Alexis Buffet (En attendant Nadeau)

Les Massacres de Paris de Jean Cassou, roman sur la guerre de 1870 et la Commune de 1871 paru pour la première fois en 1935, est réédité par Gallimard. Publié d’abord en feuilleton, il fut écrit dans l’urgence du Front populaire et de la menace fasciste.

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On a un peu oublié Jean Cassou (1897-1986), grand intellectuel engagé, témoin et acteur essentiel du XXe siècle [1]. Lui qui se définissait dans son essai sur la Résistance, La Mémoire courte, comme « sans possession, héritage ni titre, sans assise, sans statut social, sans métier véritable… » aura connu mille vies : romancier, donc, mais aussi secrétaire de Pierre Louÿs, traducteur (notamment de Ramón Gómez de la Serna), poète (notamment des célèbres Trente-trois sonnets composés au secret), critique d’art, directeur de revue et de musée, collaborateur de Jean Zay au ministère de l’éducation nationale et des beaux-arts, résistant, puis commissaire de la République.