Hamid Ismaïlov, dans la Zone du Tchernobyl oublié

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Écrivain multilingue, directeur de la BBC Asie centrale, banni d’Ouzbékistan pour « tendances démocratiques inacceptables », Hamid Ismaïlov, en un court roman, revisite l’enfer nucléaire du Kazakhstan.

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Les trente ans de Tchernobyl ne passeront pas inaperçus, c’est sûr. Les plus pressés publient déjà rétrospectives et mises à jour. Le 26 avril, date anniversaire de l’explosion du réacteur n° 4 de la centrale, Arte consacre une soirée au sujet (lire sous l'onglet Prolonger). Quiconque a passé un peu de temps sur la Zone, cette trentaine de kilomètres autour de Tchernobyl, le sait : on en revient comme d’un lointain voyage. Beauté des forêts et rivières polésiennes, vigueur animale et végétale réinvestissant les lieux, ballast de la ville désertée soulevé par des racines, immeubles d’où jaillissent désormais des branches. Quelque chose d’un Eden empoisonné, quelque chose du Stalker d’Andreï Tarkovski, mort quelques mois avant l’accident. Une dystopie urbaine, en vrai. Tchernobyl est entré dans notre imaginaire collectif, et, comme le stalker du film, fut un révélateur.