Les premières pages du «Marché des amants», roman où Christine Angot évoque le racisme

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Rentrée littéraire. Quelle est la valeur d'un amant et qu'est-ce qui nous séduit? Dans l'entretien vidéo qu'elle nous a accordé, Christine Angot développe le thème de son dernier roman, Le Marché des amants. Où elle met sa méthode d'écriture au service de l'exploration de la société, au-delà de l'omniprésence du soi qui caractérisait ses premiers textes. Extrait du roman, vidéo et lecture audio par l'auteur.

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En assurant, à la Foire du livre de Brive, le service après-vente de Rendez-vous, son précédent roman, Christine Angot a rencontré Doc Gynéco. La presse plus ou moins people s'en était fait l'écho. Depuis, le petit milieu littéraire se gaussait: cette aventure serait le sujet de son prochain roman... Ce qu'il n'avait pas compris, ce petit milieu, c'est que c'est surtout lui qui serait le sujet de ce roman – lui et sa réaction à cette histoire qu'il jugeait impossible, ou alors juste comme expérience littéraire, matière à fiction.
Comme les romans du XIXe siècle, mais dans une forme contemporaine, Le Marché des amants raconte cette histoire d'amour socialement interdite. Son titre renvoie aux intransigeantes lois de l'économie des échanges amoureux, des lois que, même aujourd'hui, peu acceptent de regarder en face – à l'exception d'un Houellebecq, bien sûr, qui en a fait l'un de ses thèmes récurrents, ou de Bourdieu et son Bal des célibataires, cet autre marché des amants qu'est celui des paysans du Béarn auquel immanquablement on songe en lisant ce dernier roman d'Angot.