Les cartographies fictionnelles de John Burnside

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John Burnside compose, depuis des années, une œuvre littéraire d'envergure. Son dernier roman, L’Été des noyés, est la mise en péril de tous nos repères. Entretien avec un écrivain engagé, explorant le lieu, dans son rayonnement poétique comme son importance politique.

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Tout commence et tout finit dans un lieu en quelque sorte hors du monde, presque surnaturel tant il bruisse d’histoires, de récits et de mythologies, nordiques, mexicaines, grecques. L’Été des noyés se déroule dans une île au nord de la Norvège, « aussi à l’ouest qu’il était possible d’aller », « vraiment le bout de la terre ». C’est là qu'Angelika, artiste peintre, a décidé de se retirer en pleine gloire. Liv, sa fille, vit avec elle et elle raconte, dix ans après les faits, un été particulier, suspendu et mystérieux, l’été des noyés, ces quelques semaines durant lesquelles plusieurs jeunes gens ont disparu. La saison estivale y est particulière, nuits blanches interminables qui causent insomnies et délires. Liv guette le moindre indice qui pourrait expliquer ces noyades – « je suis le témoin », dit-elle, « un espion indépendant, à vie » –, elle tente de comprendre ce qui a bien pu se produire, entre observation maniaque et croyance aux légendes. Elle rassemble des récits et, pour essayer « d’expliquer l’impossible », en appelle à la huldra, cette « jolie femme en robe rouge dansant dans les prés, attendant qu’un jeune homme vienne à passer pour le séduire et le supprimer ».