Le Collège de France sort de sa torpeur

Par Marion Rousset

On pourrait avoir tendance à assimiler le Collège de France à une institution endormie et élitiste. Mais si ce haut lieu du savoir pluriséculaire est loin d’incarner l’« audace scientifique » et n’a jamais été un « refuge pour hérétiques consacrés », selon le mot de Bourdieu, il se transforme. Une enquête de la nouvelle formule de la Revue du Crieur, en librairie et Relay depuis le jeudi 20 juin.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Jeudi 21 mars, 17h50, place Marcelin-Berthelot, angle rue des Écoles et rue Saint-Jacques. Une foule moins monochrome que d’habitude se presse dans la cour d’honneur du Collège de France, venue assister à la leçon inaugurale de l’écrivaine haïtienne Yanick Lahens. La séance ne commence que dans dix minutes mais déjà l’amphithéâtre Marguerite de Navarre, qui abrite le rituel d’entrée des nouveaux professeurs, est plein à craquer. Le public occupe les quelque quatre cents places assises et déborde même sur la coursive en surplomb où des curieux tuent le temps, accoudés à la rambarde.