Il a fallu orchestrer un travail à 30 mains pendant plus de 7 mois pour que le Companion de l'artiste Kaws (Brian Donnelly) prenne son envol dans le ciel de New York, ouvrant la parade annuelle de Thanksgiving, monumentale fête populaire organisée par Macy's. Né art toy en séries limitées, décliné en sculptures et sérigraphié sur t-shirt, le Companion est désormais une icône officielle au même rang que Snoopy, le grand Schtroumpf, Hello Kitty et autres créations animées que Kaws n'a cessé de pirater dans son œuvre. Au même moment, une immense version sculptée trône dans la cour de son galeriste, tête baissée et yeux en croix (signature de l'artiste), comme une réponse contemporaine au Penseur de Rodin. Entre la rue et le marché de l'art, “the XX” Kaws a les pieds sur terre et la tête dans les nuages, en passant par internet où il vient d'éditer son nouveau toy pour clôturer une année 2012 bien chargée.
Enfant caché d'un ménage à quatre douteux réunissant Walt Disney, Keith Haring, Jeff Koons et Takashi Murakami,  Kaws s'empare d'icônes ou d'images passées et présentes pour leur donner une seconde vie, se confronter à leurs créateurs et leurs publics. As du kidnapping visuel, il se joue de la protection du droit d'auteur : son Companion a des allures de Mickey, le Bibendum Michelin devient Chum, (Kaws)bob l'éponge n'est pas non plus épargné, tout comme les Schtroumpfs ou les Simpsons devenus Kimpsons. « Lorsque je m'approprie quelque chose et que je crée une nouvelle chose avec, c'est comme si je créais un bootleg de l'orignal. »