Jacques Roubaud: «Je n’ai pas le temps»

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Jacques Roubaud a 85 ans, il est donc pressé. Il publie ces jours-ci un nouveau récit, Peut-être ou la Nuit de dimanche. Un entretien pour parler avec lui de ce livre « in extremis ».

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Jacques Roubaud est un monument de la littérature française. Pourtant, lui n’a toujours pas connu l’honneur d’entrer de son vivant dans La Pléiade – mais après tout, il est encore temps, il n’a jamais que 85 ans. Et surtout : c’est un monument d’un genre particulier, de ceux qui durent parce qu’ils s’élaborent comme des constructions fragiles.

Les auteurs contemporains qui travaillent à s’auto-ériger une stature de grand écrivain s’avèrent trop souvent des colosses aux pieds d’argile. L’œuvre du mathématicien et poète Jacques Roubaud ne se déploie pas à la verticale, dans l’accumulation, mais à l’horizontale, dans l’entrelacement des récits en prose, de poésie, d’essais. Membre de l’Oulipo depuis 1966, Roubaud ne pratique l’écriture sous contrainte que pour mieux saisir ce qui lui résiste, ce qui manque. Le plus grand pan de son œuvre romanesque se construit autour de l’échec d’un projet, Le Grand Incendie de Londres, dont il ne restera qu’à raconter « la mise en ruine ». À l’occasion de la parution d’un nouveau récit, Peut-être ou la nuit de dimanche, écrit « avec une irresponsabilité brouillonne, allègre si possible », rencontre avec Jacques Roubaud.

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Jacques Roubaud,
Peut-être ou La Nuit de dimanche (Brouillon de prose),
Éditions du Seuil, 192 p., 20 €

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