Le monde irrespirable de Shulamith Firestone

Par Claude Grimal (En attendant Nadeau)

En 1970, Shulamith Firestone publie La Dialectique du sexe : elle a 25 ans, et c’est une célébrité. Mais la théoricienne et activiste féministe étouffe. Presque trente ans plus tard, dans Airless Spaces, elle raconte un monde asphyxié. La jeune maison d’édition Brook vient d’en éditer une traduction sous le titre de Zones mortes.

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Lorsqu’à 25 ans, Shulamith Firestone publia La Dialectique du sexe (1970), elle avait déjà commencé à s’éloigner des mouvements féministes radicaux qu’elle avait contribué à créer à Chicago et à New York. L’extraordinaire succès de son livre, la postérité de son action militante n’empêchèrent pas le reste de son existence de n’être qu’une suite d’effondrements psychiques et de difficultés financières. Elle mourut seule chez elle, probablement de faim, en 2012. Hormis Zones mortes, paru en anglais en 1998 et en français aujourd’hui, un petit recueil autobiographique que des amis l’avaient poussée à écrire, elle n’avait rien publié depuis 1970. Ce fut d’ailleurs son dernier ouvrage.