Joann Sfar, le BHL de la BD

Par Daniel Garcia

Auteur de best-sellers (Le Chat du rabbin ou Donjon), de romans passés inaperçus, réalisateur de films éreintés par la critique, créateur d’un cursus BD à l’École des beaux-arts de Paris, directeur de collection chez Bréal et Gallimard et tweetomane compulsif, Joann Sfar est partout. Figure emblématique de la « nouvelle » bande dessinée française, il est aussi devenu une figure publique. Une enquête de la Revue du Crieur, dont le no 9 sort aujourd’hui en librairie et Relay.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Le 27 mars 2016, le dessinateur Joann Sfar, quarante-cinq ans, est nommé chevalier de la Légion d’honneur à la faveur de la traditionnelle promotion pascale. Omniprésent sur les réseaux sociaux, l’intéressé, qui a dénoncé quelques jours plus tôt l’attribution de cette même Légion à un prince saoudien, est le seul, parmi tous les promus, à réagir publiquement le jour même, via Facebook – et par une pirouette: « On me dit que c’est vain d’accepter une médaille. Moi je crois que ça serait très prétentieux de la refuser. » En 2000, le dessinateur Marcel Gotlib avait lui aussi reçu la Légion d’honneur. Mais il avait soixante-six ans. La promotion éclair de Joann Sfar prouve bien, s’il en était besoin, que la bande dessinée a changé de statut.