Le carnet de bord de John Steinbeck donne un nouveau sens aux «Raisins de la colère»

Par Liliane Kerjan (En Attendant Nadeau)

Le carnet de bord de John Steinbeck, tenu au cours des années 1938-1941, offre un commentaire inédit des Raisins de la colère. Document précis et précieux, Jours de travail livre la fabrique du roman au fur et à mesure que s’élaborent méthodiquement la forme et le sens de ce chef-d’œuvre de la littérature américaine.

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« Sur les terres rouges et sur une partie des terres grises de l’Oklahoma, les dernières pluies tombèrent doucement et n’entamèrent point la terre crevassée. » Qui ne se souvient de ces premières lignes des Raisins de la colère, prélude à l’exode des Okies chassés par la poussière et la sécheresse, paysans exploités, miséreux à bout de souffle migrant vers des vergers fertiles ? Le roman est couronné par le prix Pulitzer, traduit en 1947 par Maurice-Edgar Coindreau et Marcel Duhamel : un livre immense, 500 pages serrées en trente chapitres, des paysages, des fossés et des routes, des bivouacs du pauvre, des familles brinquebalées, des personnages magnifiques dont l’inoubliable Rose de Sharon et sa miséricorde. Et Steinbeck dans chaque mot.