Will Ferrell, la politique du rire

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Longtemps, la comédie a été l’affaire des faibles, des perdants, des dépossédés. Aujourd'hui, la séduction, la connivence, la bonne franquette sympathique sont les armes des forts ; le rire, une des ruses du pouvoir. Will Ferrell, avec ses imitations de George Bush, ses rôles de champions, de journalistes, renverse la table. Son cri gras et lourd est un signal d’alarme, l’expression d’une panique et d’une colère. Rencontre.

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On assiste depuis quelques années à une forte montée d’intérêt pour la comédie qui, dans ses formes, n’est pas sans ressemblance avec la passion suscitée par les séries télévisées. Un culte se fabrique, une érudition émerge qui, bien que s’adressant à des œuvres produites dans un cadre industriel, prospèrent hors des canaux traditionnels, passant plutôt par les DVD et par Internet que par la salle. Une culture se construit, dont l'importance demeure difficile à mesurer et qui n’a pas encore tout à fait reçu la consécration du discours critique et des instances officielles.