L’Haïtien Lyonel Trouillot ranime le pouvoir de la fable

Par Sonia Dayan-Herzbrun (En attendant Nadeau)

Face à la tragédie qui se joue en Haïti, dont des habitants sont chaque jour assassinés par un gang ou tués par des policiers, et spoliés par un pouvoir corrompu, l’écrivain se tourne vers la poésie, comme un flot de lumière face à la noirceur de l’existence.

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Au centre du récit de Lyonel Trouillot, deux frères, Franky et Ti Tony, aussi dissemblables quinséparables : un batailleur et un asthmatique ; lun qui rêve d’être écrivain, lautre qui bricole, magouille et assure la subsistance. De leur père, ils ne savent rien. Leur mère, Antoinette, au large cœur, aux jambes fatiguées et à la main leste, ne leur a parlé que de leur arrière-grand-oncle, Antoine, houngan, cest-à-dire prêtre vaudou et devin.