Comment Jaurès fut assassiné par deux fois (3/3)

Raoul Villain tua Jean Jaurès en 1914 et fut jugé en 1919. Son acquittement apparut incompréhensible aux socialistes déboussolés. Retour sur ce procès instructif : il parle de et à une gauche française, qui n'a rien appris et tout oublié…

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Jeudi 27 mars 1919, « en uniforme de chasseur à pied, ayant brisques et fourragère » (dixunt les journaux), le lieutenant Renault de Chaumont-Quitry se présente à la barre. Il présidait, avant-guerre, la Ligue des jeunes amis de l’Alsace-Lorraine. Raoul Villain s’y était inscrit en 1913. Après avoir dû se résoudre à quitter un premier foyer politique, à l’opposé des rodomontades patriotardes : “Le Sillon”. Esprit troublé d’une époque troublée, l’assassin de Jaurès avait en effet d’abord milité parmi les apôtres du catholicisme social. Il avait distribué leur organe, L’Éveil démocratique. Seule son indécision timorée l’empêchait de s’engager davantage. En 1910, la condamnation du mouvement par le Vatican – hostile à des « rapprochements blasphématoires entre l’Évangile et la révolution » –, poussa Villain à rompre avec ses frères chrétiens de progrès. Mais il est resté en contact avec l’animateur du “Sillon”, Marc Sangnier, qui, après l'acquittement, l’hébergera du reste quelques jours chez lui…

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