Le recours à l’Histoire n’est pas une innovation de cette campagne présidentielle, mais le sentiment domine d’avoir affaire à une élection inédite, par sa configuration comme par ses conséquences. L’épuisement de la Ve République, la désagrégation du bipartisme, mais surtout la possibilité de voir l’extrême droite accéder à la plus haute fonction du pays donnent l’impression d’un moment de bascule. Est-ce exact ? Est-on en mesure de le savoir ? Tentative d’éclaircissement avec François Hartog, l’un des historiens à avoir poussé le plus loin la réflexion sur le temps, tel que nous le percevons et tel qu’il s’impose à nous.