«La Vie d'Adèle», d'Abdellatif Kechiche, décroche la Palme d'or

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La Vie d'Adèle – Chapitre 1 et 2 a obtenu, dimanche 26 mai, la Palme d'or du festival de Cannes. Du Bleu est une couleur chaude, bande dessinée de Julie Maroh, Abdellatif Kechiche a tiré un film de trois heures avec Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos dans les rôles principaux. Amours lesbiennes, choc des cultures et pédagogie. Kechiche est un cinéaste épais, très surestimé et sans doute mal compris. Il n'empêche : cette Vie d'Adèle est une bonne surprise.

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L'on redoutait de découvrir La Vie d'Adèle – Chapitre 1 et 2. Le Monde avançait il y a une semaine le chiffre inconcevable, inouï et inquiétant à la fois, de 750 heures de rushes. Comment Abdellatif Kechiche était-il parvenu à tirer un film, fût-il de trois heures, d'une matière aussi énorme, pharaonique ? Y était-il seulement parvenu ? Début mai encore, quatre à six équipes de monteurs étaient censées se relayer à Paris, en des endroits tenus secrets, préparant parfois plusieurs versions concurrentes d'une même scène, afin qu'Adèle soit prêt pour sa projection en “Compétition” du 66e Festival de Cannes, ce jeudi 23 mai. La surchauffe menaçait. Kechiche aurait perdu 15 kilos sur le tournage. La version cannoise ne serait peut-être pas définitive. Le cinéaste, fameux pour son tempérament atrabilaire, pour user un producteur par film et ne pas supporter la moindre critique négative, était décidément invivable.