Le silence au cœur de deux romans venus du Liban

Par Sonia Dayan-Herzbrun (en attendant nadeau)

À première vue, les deux romans venus du Liban et qui viennent d’être publiés chez Actes Sud sont très dissemblables. Cependant l’un et l’autre posent la question du silence. Question majeure dans un pays où l’on parle beaucoup, mais où il y a tant de choses qui ne se disent pas, depuis les relations intimes jusqu’aux désastres des guerres.

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Sikirida, petite bonne éthiopienne comme il y en a tant à Beyrouth, invisible et silencieuse, est le premier maillon d’une longue chaîne qu’enroule et déroule Rachid el-Daïf. Les histoires des personnages et des amours impossibles se relient les unes aux autres, comme dans La Ronde d’Arthur Schnitzler. À Chiyah, quartier populaire chiite de la banlieue sud de Beyrouth, en pleine guerre civile, l’amour et la mort jouent partie commune. L’essentiel pour chacune et chacun est de trouver un abri, même provisoire, et de vivre le moment présent. Les hommes passent, fuient ou meurent. Les femmes sont là pour assurer la permanence.