«Nos richesses»: Alger, capitale littéraire

Par Pierre Benetti (En attendant Nadeau)

Nos richesses est dédié « à ceux de la rue Hamani ». Il peut s’agir des habitants actuels d’Alger. Ou bien de ses habitants disparus, en particulier ceux qui ont vécu l’aventure de la librairie Les Vraies richesses. En s’appropriant l’histoire de ce lieu et en imaginant sa destruction, le troisième roman de Kaouther Adimi célèbre Alger comme l’une des capitales mondiales de la littérature.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Sans lui faire perdre de sa vivacité, l’auteure de Des pierres dans ma poche (Seuil, 2016) reconstitue l’histoire littéraire, éditoriale et intellectuelle de sa ville natale, à travers des fragments tirés de plusieurs époques. Volontiers rapide, voire pressé, le récit court de 1930 à 2017, de la célébration du centenaire de la conquête coloniale à une déambulation personnelle qui observe, avec lucidité et tranquillité, les transformations de l’Algérie indépendante ; de l’ouverture des Vraies richesses (enseigne empruntée à un titre de Jean Giono) par Edmond Charlot, alors étudiant de Jean Grenier au lycée d’Alger, au déménagement brutal des stocks de livres par un personnage nommé Riyad, qui pourrait avoir le même âge, mais ne connaît plus personne au pays de ses ancêtres.