Jouannais réduit la guerre en morceaux… de littérature

Par Pierre Benetti (En attendant Nadeau)

Depuis dix ans, une étrange performance, intitulée L’Encyclopédie des guerres, se tient au Centre Pompidou, à Paris. Sur scène, Jean-Yves Jouannais développe un abécédaire composé de citations issues de ses lectures obsédées par les batailles. Il lit, copie des passages, les fait s’entrechoquer, de Homère à Claude Simon, du siège de Troie à celui de Berlin. Son projet en est à la lettre M. M comme MOAB, le livre dont aucune phrase n’est de son auteur.

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Les différents points de départ de ce livre d’allure bizarre et de nature peu commune ne se situent pas dans l’histoire, ni dans la sociologie des conflits. Les infinitésimaux travaux de recherche cités dans la bibliographie de fin de volume font en effet pâle figure en comparaison avec la liste astronomique de romans, de récits, de poèmes, de pièces, de chroniques, de mémoires et de journaux compilés pour former cette « épopée en vingt-deux chants » : une Iliade moins deux, le texte de Homère comptant vingt-quatre chants. Jean-Yves Jouannais n’écrit pas depuis la guerre, mais depuis la littérature qui l’a racontée.